Le chemin de vie du chrétien

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Je suis en train de faire une lecture absolument fascinante, dont j’ai senti le besoin de partager avec ma communauté virtuelle. Il s’agit d’un extrait du livre « Mort et résurrection » du Père F-X Durwell.

Le chrétien se sanctifie en Jésus-Christ

Les chrétiens se mettent en route de bon matin. Au matin même de leur vie, dans le baptême, ils s’unissent au Christ, deviennent un seul corps avec lui[1] et participent à sa mort et à sa résurrection: « Vous avez été ensevelis avec lui dans le baptême et, en lui, vous avez été ressuscités »[2]. Au matin de leurs journées, ils mangent le corps du Christ et le deviennent de plus en plus, tel que l’eucharistie le leur rend présent: dans sa mort et dans sa glorification.

Puis, à travers la longue journée de leur vie, ils réalisent, jusque dans leurs « membres terrestres »[3], la mort accomplie dans le mystère du sacrement. Ils meurent au monde avec le Christ par tous leurs renoncements, par leur foi, leur charité et leur espérance; par leur chasteté et leur pauvreté; par tous les dévouements et leur obéissance. Jusqu’à la dernière mort, la mort physique, où se consomment la mort baptismale et leurs communions eucharistiques et toutes les morts quotidiennes, ils achèvent de « mourir avec » le Christ[4] « hors de ce monde vers Dieu »[5].

Telle est la vie chrétienne: « Le Christ n’a-t-il pas dû souffrir et entrer ainsi dans sa gloire?[6]  Vie austère, route d’exode, départ ininterrompu! Mais où l’on ne meurt pas pour mourir, où l’on part pour arriver sans cesse. Toutes nos morts sont des pâques. Elle est « neuve et vivante », la route ouverte dans le corps du Christ[7].

« Cette parole est sûre : si nous mourons avec lui, nous serons aussi vivifiés par lui »[8]. Car la mort du Sauveur est rédemptrice, elle débouche en vie divine. Dans le Christ de gloire, la mort cohabite avec la gloire et n’est qu’un aspect de la gloire. Impossible de prendre part à la mort du Christ sans être saisi par l’action de Dieu qui le ressuscite des morts.

Nous parlons de mort alors que nous devrions dire « don de soi ». Toutes nos morts multiples dans le Christ n’ont qu’un seul nom : divine charité. « Je me sanctifie », disait le Christ, c’est-à-dire, je me donne à Dieu. Il suffit d’aimer. « L’amour du Christ (qui est dans le cœur du Christ) nous presse »[9] et nous porte hors de nous-mêmes, dans le Père. Il n’est d’autre renoncement chrétien que celui qui est propre à l’amour.

C’est ainsi que nous sommes sauvés, sanctifiés à notre tour : nous communions à la mort et à la glorification du Christ.

Il me semble que c’est non seulement un des plus beaux résumés de ce que signifie être chrétien, mais je trouve que c’est un appel d’encouragement à persévérer dans cette voie à ceux qui y sont déjà depuis quelques temps et qui pourraient ressentir une certaine lassitude. Quelle joie, quel appel au bonheur que la vie chrétienne!

[1] Ga 3, 27
[2] Col 2, 12
[3] Col 3, 5
[4] 2 Tim 1, 11
[5] St Ignace d’Antioche, Rom 2, 2
[6] Lc 24, 26
[7] He 10, 20
[8] 2 Tm 2, 11
[9] 2 Cor 5, 14

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